Le blue-jean, fin des clivages sociaux

La moyennisation est un processus visant à atténuer les clivages sociaux. Il vise à « gonfler » la classe moyenne pour la rendre extrêmement majoritaire. Selon Henri Mendras (1927-2003) sociologue français, la classe moyenne est en train de transformer toute la structure sociale. En effet, le blue-jean est un très bon exemple de la moyennisation des classes et de la fin des clivages sociaux.La moyennisation d'une société peut être définie comme le processus de constitution d'une vaste classe moyenne réduisant les position extrêmes dans la stratification sociale et rapprochant les modes et les niveaux de vie.

 

A ) La moyennisation

La moyennisation d'une société peut être définie comme le processus de constitution d'une vaste classe moyenne réduisant les positions extrêmes dans la stratification sociale et rapprochant les modes et les niveaux de vie

1 ) Trente glorieuses

Pendant la période des « Trente glorieuses » la population à connu un très grand enrichissement. En effet, durant cette période les salaires on eu une hausse de presque 4% par an. De plus, l’écart entre les différents emplois se sont considérablement réduit grâce à la hausse des salaires. En 1968, un cadre gagné quatre fois plus qu’un ouvrier, or en 1985 c'est-à-dire 17 ans plus tard, le cadre gagne uniquement 2.7 fois plus qu’un ouvrier.

Le développement des aides sociales par l’état a aussi joué un rôle dans la réduction des inégalités (sécurité sociale en 1945) puisque l’on cotise en fonction de ces moyens et on reçoit en fonction de ces besoins.

Grâce a la sécurité de l’emploi et aux nouvelles innovations, les 3o glorieuses ont permis de développer  toutes les couches sociales.

 

2 ) Moins de différences socio-professionnelles

L’amoindrissement des différences socio-professionnelles s’atténue dans le monde du travail.

Le secteur primaire est délaissé et les agriculteurs par exemple ont de plus en plus le rôle de manager, chef d’entreprise.

Plus généralement, toutes les classes sociales ont pour point commun l’autonomie dans le travail.

 

3 ) Même mode de vie

L’éducation, le sport, les loisirs sont plus accessibles et se sont allongés. Les patrimoines culturels sont donc semblables et il n’y a plus d’écart de culture ou il y en a moins.

On soutient l’idée que la moyennisation rassemble les cultures et les modes de vies de toutes les classes.

Maintenant même les classes sociales les plus démunies peuvent partir en vacances. Le sport et la musique jour le rôle de lien, de référence partagée par toutes les classes.

De Blue-jean lui, avant porté par les cow-boys, puis les ouvriers est devenu un habit universel depuis les années 60, il est porté par toutes les classes sociales et tous les âges, néanmoins il reste des clivages à cause des marques.

 

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Les médias, permettent de diffuser une culture commune.

 

4 ) Moins d’appartenance aux classes sociales

Bien qu’il reste de nombreuses inégalités, les populations ont moins l’impression d’appartenir à une classe spécifique, ainsi les rivalités et les clivages ont l’air diminués.

Les individus ont un changement positif, ils préfèrent maintenant les réussites personnelles le « chacun pour soit », l’appartenance aux groupes sociaux diminue.

Le nouveau manque d’appartenance aux groupes sociaux intervient vers la fin des « 30 glorieuses », les conflits sociaux diminuent, les gens cessent d’avoir un esprit de groupe et pensent plus égoïstement.

Par exemple dans les années 1970 ont observe une réelle baisse des grèves.

Cependant la moyennisation a ses limites.

 

B ) Les limites de la moyennisation et des signes de polarisation

Malgré de grands signes de moyennisation comme l’accès aux vacances, aux médias et le blue-jeans que le monde porte à n’importe quel âge, n’importe où, n’importe quand.

Il reste tout de même vrai que la société comporte des signes de polarisation.

 

 

1 ) Retour des inégalités

Comme évoqué précédemment, aux cours du XXème siècle les salaires ont variés grâce aux valeurs ajoutées.

C’est pour cela que la classe ouvrière et les employés ont connu une hausse rapide de leurs salaires, ceux qui a réduit l’écart entre les classes sociales.

Néanmoins dans le milieu des années 1980, l’écart avec les groupes sociaux s’est agrandi, pour cause : le ralentissement de la hausse de leurs salaires.

La hausse était tellement grande que durant les années 50-70, en 30-40 ans, un ouvrier pouvait avoir le même salaire qu’un cadre.

A partir des années 1980 le rattrapage est passé à 300 ans.

Le ralentissement de l’augmentation des salaires à réanimer les clivages entre les employés et les cadres et les ouvriers.

 

 2)    Faible homogénité des classes moyennes

Si on applique la vraie définition de classes moyennes, elles restent très minoritaires.

Cependant, si on l’élargit (incluant les artisans, employés supérieurs et les cadres moyens) alors la catégorie s’agrandit et devient environ 50% de la population mais les moins riches et les plus riches de la classe moyenne seront trop éloignés, l’homogénéité sera donc faible.

Dans la société Française, les employés et les ouvriers sont très proches socialement du fait de :

- leurs faibles niveaux de qualification

- leurs mêmes niveaux de revenu

- forte homogamie (les ouvriers se marient avec des employés).

 

3)    Des modes de vies et consommations différentes

Au niveau des salaires, les différents groupes sociaux se sont rapprochés. Cependant, on constate qu’il persiste certaines différences dans le mode de consommation.

Le niveau de consommation est deux fois plus élevé dans un ménage cadre par rapport aux ouvriers.

Les coefficients budgétaires ne sont pas les mêmes, quand ont les comparent ont constatent que les moyens des classes populaires servent en grande partie aux besoins vitaux, les cadres eux se permettent des choses inaccessibles aux autres catégories sociales.

 

 

CONCLUSION

 

Le marché de l’emploi et les améliorations économiques transforment les inégalités sans les faire disparaître.

Durant les « 30 glorieuses », la moyennisation a pris forme, néanmoins dans les années 80, le chômage a changé la donne et il est plus difficile de parler de la moyennisation.

En effet, les médias, l’accès aux vacances, le port universel du jean sont des facteurs de moyennisation.

Cependant, les « 30 glorieuses » sont une parenthèse enchantée dans l’éternel combat des classes.

Le jean moyennise mais ne met pas fin aux clivages sociaux, mais certes il l’atténue.

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